Lundi 5 mai 2008
Je suis chrétienne. Baptisée. Dans mon coeur. Dans ma vie. Dans ma morale. Si, si. C'est vrai que c'est un peu bête de ne pas croire littéralement en Jésus, au stade où j'en suis. Bon. C'est que
j'ai un petit problème: Les flammes de l'Enfer, hé oui. Je serais assez du genre à croire "en prévoyance de...", à croire par paranoïa, à croire parce que bouh, on m'a fait peur, voilà. Et il
paraît que "C'est bien, du moment que tu crois..." Hic. Méga clash avec les chrétiens.
Non, ça n'est pas bien. Voilà pourquoi je ne le crois pas: Ma copine musulmane très très pratiquante m'a fait peur. Ma copine d'opus dei très très tès impliquée a été capable de me faire très très peur. Mon copain Eleazar le Magicien, ma copine communiste radicale, ma copine témoin de Jéhovah, tous ont été très capable de me faire très très peur. Les dictateurs jouent sur la peur. Les sectes jouent sur la peur. les gourous manipulateurs jouent sur la peur. On peut vous faire faire n'importe quoi, lorsque vous avez peur. On vous serre. On vous contrôle. On vous enferme dans un cercle de panique- soumission- soulagement pas très sain, quoi. Il suffit de vous marteler n'importe quelle idiotie à n'importe quel moment pour vous manipuler. Quand on cherche à vous faire peur, c'est qu'on veut exercer sur vous une pression psychologique. Donc, pas bon, la peur. Fastoche de sombrer dans n'importe quoi par la peur. C'est simple,efficace, comme technique.
J'en veux pas au pauvre Jésunou. Je veux bien croire qu'il soit le fils de Dieu et tout. Je veux bien croire, mais pour les bonnes raisons. C'est tout. Si j'y crois, je veux que ça soit logique, ou soudainement évident. Que ça vienne du fond de mon coeur, que ça soit plus fort, plus profond qu'une simple attaque de panique. Si j'y crois, je veux pas que ce soit un simple trou psychique où me retrancher. Faire évoluer sa croyance, c'est adopter un nouveau regard sur la vie. Je ne sais pas si c'est si solide que ça d'assoir toute sa confiance quelque part parce qu'on peut s'y cacher.
"Être hors du monde". Voilà aussi ce qui ne me va pas. "Et les nomos, t'en penses quoi?" Moi, ça serait du genre: "A la gay pride? No souci! Sur le char? Ok." Je serais du genre à penser que ça les regarde, ce que font les gens de leur intimité, du moment que tout le monde est adulte, consentant et surtout, que tout le monde se traitte avec respect. Je suis pas militante non plus, mais il faudrait que je m'évanouisse rien qu'à l'idée qu'ils existent. ça le fait pas. Parce que l'amour du prochain, justement, j'y crois. Alors voilà ce qui m'empêche de me lancer à corps perdu dans le trip Bible et Jésunou. J'ai peur. Peur de devenir tout ce que je n'aime pas. Peur de sombrer avec délectation dans une crise de parano collective. C'est tellement humain, tellement classique, tellement bateau la parano. J'ai peur de finir par diviser le monde en "eux" et "nous". Par faire tout comme c'est écrit. "Être en dehors du monde", "regarder les choses d'en haut"... Ou son petit nombril collectif, oui. Je comprends tout à fait. Ne plus jamais mettre sa sécurité psychique en danger en se trempant dans le cambouis de la vie à l'exces. Voilà le hic. ça ferait presque envie.
Illustration? Ce matin même, dans ma maison d'édition évangélique. Il y a un petit calendrier avec des citations bibliques. Je file la page du jour précédent à un collègue en disant: "Qu'est-ce que j'en fais?" Et voilà qu'il me montre le bout sur la colère divine: "ça fait peur, hein? Mais on n'a rien à craindre quand on est croyant. C'est bien d'être le fils de jésus, hein?" Il est gentil, Willou. Il veut me convertir parce qu'il m'aime bien. Bah, Willou, c'était pas très subtil, ta technique de conversion. J'ai, genre, pas du tout saisi l'allusion. Ou...
"J'ai été voir ma soeur. Elle habite dans le marais... " Gloussement gêné. "C'est marrant. y avait des hommes qui me regardaient..." Et s'ils regardaient la boutique d'à coté? "Enfin... J'aimerais bien parler le l'Evangile dans ces quartiers..." Sic! Moi qui ai déjà peur d'être trop moralisatrice, je veux bien croire en Jésunou... Mais j'ai peur de ce en quoi ça pourrait me transformer.
Ceci est une bouteille à la mer. Que ceux qui croient en Jésunou et n'ont pas peur de leur prochain lèvent la main.
Non, ça n'est pas bien. Voilà pourquoi je ne le crois pas: Ma copine musulmane très très pratiquante m'a fait peur. Ma copine d'opus dei très très tès impliquée a été capable de me faire très très peur. Mon copain Eleazar le Magicien, ma copine communiste radicale, ma copine témoin de Jéhovah, tous ont été très capable de me faire très très peur. Les dictateurs jouent sur la peur. Les sectes jouent sur la peur. les gourous manipulateurs jouent sur la peur. On peut vous faire faire n'importe quoi, lorsque vous avez peur. On vous serre. On vous contrôle. On vous enferme dans un cercle de panique- soumission- soulagement pas très sain, quoi. Il suffit de vous marteler n'importe quelle idiotie à n'importe quel moment pour vous manipuler. Quand on cherche à vous faire peur, c'est qu'on veut exercer sur vous une pression psychologique. Donc, pas bon, la peur. Fastoche de sombrer dans n'importe quoi par la peur. C'est simple,efficace, comme technique.
J'en veux pas au pauvre Jésunou. Je veux bien croire qu'il soit le fils de Dieu et tout. Je veux bien croire, mais pour les bonnes raisons. C'est tout. Si j'y crois, je veux que ça soit logique, ou soudainement évident. Que ça vienne du fond de mon coeur, que ça soit plus fort, plus profond qu'une simple attaque de panique. Si j'y crois, je veux pas que ce soit un simple trou psychique où me retrancher. Faire évoluer sa croyance, c'est adopter un nouveau regard sur la vie. Je ne sais pas si c'est si solide que ça d'assoir toute sa confiance quelque part parce qu'on peut s'y cacher.
"Être hors du monde". Voilà aussi ce qui ne me va pas. "Et les nomos, t'en penses quoi?" Moi, ça serait du genre: "A la gay pride? No souci! Sur le char? Ok." Je serais du genre à penser que ça les regarde, ce que font les gens de leur intimité, du moment que tout le monde est adulte, consentant et surtout, que tout le monde se traitte avec respect. Je suis pas militante non plus, mais il faudrait que je m'évanouisse rien qu'à l'idée qu'ils existent. ça le fait pas. Parce que l'amour du prochain, justement, j'y crois. Alors voilà ce qui m'empêche de me lancer à corps perdu dans le trip Bible et Jésunou. J'ai peur. Peur de devenir tout ce que je n'aime pas. Peur de sombrer avec délectation dans une crise de parano collective. C'est tellement humain, tellement classique, tellement bateau la parano. J'ai peur de finir par diviser le monde en "eux" et "nous". Par faire tout comme c'est écrit. "Être en dehors du monde", "regarder les choses d'en haut"... Ou son petit nombril collectif, oui. Je comprends tout à fait. Ne plus jamais mettre sa sécurité psychique en danger en se trempant dans le cambouis de la vie à l'exces. Voilà le hic. ça ferait presque envie.
Illustration? Ce matin même, dans ma maison d'édition évangélique. Il y a un petit calendrier avec des citations bibliques. Je file la page du jour précédent à un collègue en disant: "Qu'est-ce que j'en fais?" Et voilà qu'il me montre le bout sur la colère divine: "ça fait peur, hein? Mais on n'a rien à craindre quand on est croyant. C'est bien d'être le fils de jésus, hein?" Il est gentil, Willou. Il veut me convertir parce qu'il m'aime bien. Bah, Willou, c'était pas très subtil, ta technique de conversion. J'ai, genre, pas du tout saisi l'allusion. Ou...
"J'ai été voir ma soeur. Elle habite dans le marais... " Gloussement gêné. "C'est marrant. y avait des hommes qui me regardaient..." Et s'ils regardaient la boutique d'à coté? "Enfin... J'aimerais bien parler le l'Evangile dans ces quartiers..." Sic! Moi qui ai déjà peur d'être trop moralisatrice, je veux bien croire en Jésunou... Mais j'ai peur de ce en quoi ça pourrait me transformer.
Ceci est une bouteille à la mer. Que ceux qui croient en Jésunou et n'ont pas peur de leur prochain lèvent la main.