Je suis vachement pro retour à la nature, anti consommation, anti mode, anti exploitation sauvage des arbres et des animaux, à fond dans le retour à la simplicité… En théorie. Ouais. Le truc,
c’est qu’on mélange le végétarisme, le bio, l’anti consommation, le commerce équitable, le feng shui, et les médecines douces. Comment s’y retrouver ?
Que ce soit les médecines douces, le bio, ou le commerce équitable, on parle bien de consommation. Qui dit consommation dit stratégies marketing, publicité. C’est un type de discours auquel tout
le monde est habitué. Le vrai problème réside dans la dérive culpabilisatrice. Je suis pour éviter les dérives sectaires et dangereuses de la médecine douce, pour surveiller l’état de son porte
monnaie et tenir compte du prix, pour le refus d’obtempérer lorsqu’on fait face à des tentatives de manipulation. Mais en prenant pour hypothèse que tous ces marchés sont clean, si on peut
soigner ses problèmes de santé bénins à l’aromathérapie, si on peut vraiment manger des produits un peu plus sains, si les petits producteurs sont vraiment mieux traités dans les pays sous
développés à travers notre acte de consommation, je dis oui.
Le végétarisme, c’est un choix de vie. Je comprends ce choix. Mais personnellement, je suis une omnivore patentée, je n’en ai pas honte, je ne vois pas pourquoi je devrais. Je ne crois pas que la
consommation de viande soit un problème pour Dame Nature. Je crois que nous sommes bâtis pour manger des protéines. Les médecins l’ont assez dit. Le vrai soucis vient de la surproduction, le
surplus d’animaux d’élevage. Les problèmes d’obésité liés au régime omnivore viennent probablement de la surconsommation de viande par des individus qui ne sont pas moi... On peut très bien être
omnivore et bien gérer son capital santé. Il s’agit de trouver son équilibre dans sa consommation de nourriture quotidienne. Mais je ne suis pas une fanatique de la viande, et je comprends qu’on
devienne végétarien, pour peu qu’on ait de bonnes raisons pour le décider.
Le feng shui et autres méthodes de purification de son intérieur seraient selon moi à ranger dans la catégorie ésotérisme. Elles supposent des croyances que l’on a ou pas, et ne sont donc pas à
classer avec la médecine douce.
C’est l’anti consommation qui m’intrigue le plus. Bon, ok, on va être honnête: Je ne suis pas prête à tout quitter pour aller construire une ferme sur le Larzac. Déjà, je suis une citadine pure
et dure élevée en plein Paris, donc, ça serait assez violent, le Larzac, pour l’habituée des pots d’échappement que je suis : il paraît que c’est physique, une ferme, et moi, je crois que le
sport le plus violent que j’aie jamais fait dans ma vie, c’est le support de la France lors de la coupe du monde rugby… En plus, je dois quand même dire que les animaux vivants, ça me fout un peu
les boules : un poulet sans cellophane, ça risque pas de s’échapper au moment de le mettre au four? Donc, mea culpa, mais j’avouerais que le Larzac, j’aurais plutôt tendance à le visiter en
short, avec mes lunettes de soleil, mon i pod, et mon appareil photo numérique dernier cri. Je dois aussi avouer que j’aime ma musique, être bien propre sur moi et sentir bon, mon portable même
si je ne suis pas une grosse consommatrice, mon ordi et ma radio (indispensables), et bien arranger ma petite maison. Je dois avouer que j’aime posséder de jolies choses dont je n’ai pas
forcément un besoin vital, et que pourvu qu’on touche mes points sensibles, on a assez vite retenu mon attention. L’anti consommation est une attitude courageuse, puisqu’à contre courant de nos
valeurs traditionnelles de maintien du flux des marchés, de changement. La rébellion suprême : Cultiver ce qu’on appellerait le radinisme sans vergogne, apprendre à se défaire des besoins
qu’on s’est créé, stocker, rapiécer, se retourner vers les valeurs d’antan. Le seul mouvement qui remette en question la sacro sainte économie, et ne demande pas un sou à ses participants. Assez
tentant. Mais, ai-je vraiment envie de me débarrasser de mon i pod, en même temps ?