Lundi 10 septembre 2007

Je sais, la lune est pleine, je sais, je suis jeune

Allez, avouez que ça vous gêne, vous gêne

Je sais je fais pas bien comme il faut faire

Que pour l’alcool, les nuits blanches, eh bien

Je suis nulle, mais je reste fière…

Refrain : Peut être bien, je suis pas drôle

Peut être bien, coincée

Peut être bien, je suis une rebelle, qui sait ?

Qui sait ?

Peut être bien, c’est une secte

Qui me tient enfermée

Peut être bien, je suis une sorte d’insecte,

Mais je sors pas, ce soir…

Bon y a plein d’arguments à balancer

Qui disent qu’à certains moments, moments

Il faut péter un coup, décompresser

J’avoue, je suis saturée pour le coup

Qu’on passe sa vie à le répéter…

Refrain

J’aime bien mon petit chez moi, sans vous vexer

Dormir des heures, cogiter, voyez ?

Ça veut pas dire que je suis un ours, non plus

Alors pardon si je vous ai déçus,

Mais la nuit, je dors, c’est un fait

Refrain

par alguboogi publié dans : chansons
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Lundi 10 septembre 2007

Bébé, tu sais, c'est le pied d'être avec toi

Tu es un mec bien, et tu es aimant, enfin tu vois

Assez, assez, les compliments !

Mon petit Charles, faut que je te parle,

T'es pas cool, souvent

Tu passes l'aspiro devant ma série préférée

C'est pas cool, mon grand

Tu mâtes la voisine, et je ne devrais pas râler

C'est pas cool, mon grand

Tu laisses tes chaussettes sales dans le salon

T'es bruyant le matin et dis pas que non

On s'aime pour le meilleur et pour le pire

Mes tes cravates, laisse moi les choisir (Pitié...)

Et quand tu cuisines c'est le bordel complet

Et c'est pas cool, hé

T'as l'air de t'en foutre quand je suis stressée

C'est pas cool, tu sais

Tes magasines partout ça me saoule

Sont trop vulgaires toutes ces blondasses de poules

Et quand tu penses à mon anniversaire

Evite les crèmes anti ride chères (Mauvaise idée)

Refrain : Mais je me sens protégée, bébé

Quand je suis avec toi

T'es là tous les jours, amour

Et j'ai tellement confiance en toi

T'es mon île où me reposer

Mon jardin secret... (Mais tu ronfles...)

Bébé, faut être honnête, je reconnais

Qu'il y a peut être un ou deux torts de mon coté

Ok, ok, sans commentaire !

Je ne suis pas con, je sais, c'est clair

Je suis pas cool, des fois

C'est vrai que je hurle quand je vois les 2 be 3 (AAAAAAAH !)

Tu trouves ça ring' toi

Je peux me pomponner toute une après midi

Ça te rend dingue, toi

Tu rages quand je me coupe les ongles sur le lit

Tu dis que j'analyse tout ce que tu dis

Tu dis que j'essaie de te piéger parfois (Mais non !)

Et c'est pas cool, ça

Oui, j'appelle ma mère tous les mercredis

Où est le problème, là ?

Elle s'occupe de nous, est-ce qu'elle est pas mimi ?

Ça te rend blême, toi

Quoi, mes copines ? Quels gloussement faciles ?

J'ai bien le droit de les avoir au bout du fil !

Deux heures par jour ? Ah bon ? Comme le temps coule !

Eh bah quoi ? Reste cool !

Refrain

Alors sois cool, quoi

par alguboogi publié dans : chansons
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Vendredi 13 juillet 2007

Votre vie est un fiasco ? Vous êtes un raté ? Vous n’avez pas de vie amoureuse ? On vous a licencié ? Vous n’avez aucun talent ? Aucun intérêt ? La chance vous tourne le dos ? Et en plus vous êtes laid ? Venez à moi. Oui, je sais ce que c’est… Non parce que je l’ai vécu, mais parce que mon cœur est rempli de bonté. Oui, je suis bonne, une altruiste, et je comprends vos souffrances, à vous, qui êtes pauvre, seul, maladroit, et laid. Car j’ai un grand pouvoir, oui, un pouvoir immense, le pouvoir de vous deviner, le pouvoir d’alléger vos souffrances, n’ayez pas peur… Ayez confiance… Et ce pouvoir, non, je ne l’utilise pas à des fins personnelles, mais pour vous, imaginez, vous qui êtes insignifiant, vous qui n’êtes rien, vous qui êtes au fond du gouffre et que personne n’a rattrapé, moi, je me mets à votre service, gratuitement, vous entendez, maître, exigez et j’exécuterai. Oui, je ne suis là que pour vous aider, vous servir, je n’attends rien en retour, je suis la seule à pouvoir vous sauver. Sachez que vous êtes incapable d’y arriver tout seul, mais moi, surhumaine que je suis, je peux transformer votre enfer en paradis, c’est très sérieux, écoutez. Déjà, vous avez des problèmes financiers, mais si, je sais que vous en avez, et puis vous êtes seul, tout seul, désespérément seul. Il n’y a pas d’amour dans votre vie, c’est à peine si vous avez des amis, d’ailleurs, vous êtes sûr qu’on ne vous veut que du bien ? Réfléchissez… Moi, par contre, je ne vous veux que du bien, je connais votre Vérité Profonde, et je suis prête à vous la révéler, prête à vous dire pourquoi ça ne va pas, pourquoi vous ratez tout ce que vous entreprenez, pourquoi on ne veut pas de vous, je connais vos forces et vos faiblesses, j’ai la solution à toutes vos difficultés, venez à moi.

Vous avez cliqué ? Parfait. Eh bien laissez moi vous révéler que vous êtes merveilleux, extraordinaire, que vous avez beaucoup de talents cachés. Vous ne le saviez pas ? C’est parce que vous ne m’aviez jamais rencontré. Mais le Destin vous a mené à moi, et bientôt, vous pourrez exercer tous ces dons, tous ces talents, et poursuivre cette vie de délices que vous méritez. Croyez-moi. Suivez-moi. Laissez moi vous guider. Cette année, les astres vous sont favorables, beaucoup d’opportunités vont se présenter à vous, mais sans moi, seriez vous capable de les déceler ? Je ne crois pas. Alors, il faudra que vous me suiviez, que vous me laissiez apprendre à vous connaître, vous faire découvrir qui vous êtes. Vous le saviez déjà ? Vous croyez ? Croyez en mon flair. Vous ne le savez pas. Dans mon immense bonté, je vais vous donner mon chiffre de chance. Il faut que vous suiviez à la lettre les instructions que je vais vous donner. C’est à vous de me suivre ou de laisser tomber, vous comprenez ? La chance ou la malchance, l’amour ou la solitude, l’argent ou la pauvreté, trouver ses talents ou les occulter. Vous et vous seul pouvez choisir entre le bonheur et le malheur, personnellement, je vous conseillerais de choisir le bonheur, c’est à dire, de me choisir en tant que guide personnel, pour bonne fée, je ne veux que votre bien, pourquoi résister ?

Très important, je tenais à vous dire : Il faut que vous connaissiez votre thème astral, absolument. Je suis bien sûr capable de vous le révéler. Pour la modique somme de cent euros, je vous offre une étude approfondie de votre personnalité. Imaginez tout ce que ça pourra vous apporter. La cause de tous vos malheurs est que des influences négatives planent autour de vous et vous empêchent d’exercer vos talents, d’avoir de la chance, des amis, l’amour, une bonne santé. Prenez garde. Il faut vous protéger. Il faut réagir contre le mal qui vous entoure, concentrez-vous. Je suis sûre que vous le sentez. La bonne nouvelle, c’est que je suis là. Que feriez vous sans moi ? Je peux vous aider à détecter vos influences négatives, je peux vous protéger contre elles, je peux mettre toute mon énergie et mes pouvoirs à les combattre, pour vous, vous comprenez ? Parce que vous avez du potentiel pour devenir merveilleux. Pour la modique somme de 55 euros, je vous fais le cadeau de mon talisman personnel, chargé d’eau bénite et d’ondes positives très puissantes, et si vous ajoutez soixante dix euros, je vous offre une photo de moi, une photo que j’aurai chargée au préalable pour vous prémunir contre les attaques de l’extérieur. C’est efficace, vous pensez. Sur la photo, tout de même, c’est moi. Imaginez la chance que vous avez. Il y a aussi les cours pour développer vos talents, les cours d’astrologie par correspondance, votre horoscope personnel approfondit quotidien, et d’autres merveilleuses surprises qui vous attendent. Oui, je vous dirai comment vous comporter, comment parler, comment agir, et ces conseils seront toujours judicieux, puisqu’ils viendront de moi. N’hésitez pas. Inscrivez le numéro de votre carte bleue. Venez à moi.

par alguboogi publié dans : nouvelles
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Vendredi 13 juillet 2007

J’étais au lit, quand j’ai entendu le bruit de la grille. Ça craquait, ça grinçait, c’était insupportable. Et cet espèce de chien qui jappait et aboyait… Toujours la même musique. Voilà cet imbécile de facteur qui arrivait. Il est fier de son métier, le Popaul. Fier de son vélo ridicule jaune canari avec son pouet pouet de gamin attardé. Il se trouve drôle. C’est pathétique. Et puis, il a toujours son sourire, ce sourire édenté et béat quand il me voit.

" B’jour m’ell’ scrogneugneu ! Toujours à ronchonner ? V’là vot’ courrier ! A d’main ! "

Même le samedi ! Et il repart toujours en sifflotant des chansons qu’on entend à la radio. Et mon amour par là. Et ma chérie par ci. Toujours les mêmes rengaines. J’te lui aurais fichu un de ces coups sur le nez avec ses chansons mièvres !

Fin, comme tous les samedis, il fallait que je me lève. Il fallait regarder le journal et manger des croissants. Ces rituels du samedi que nous impose la société. Et caresser le chien pour qu’il cesse de japper, et puis se déplacer sur des chemins à quatre sous en se faisant piquer par des insectes, en trébuchant sur des racines, parce que marcher, c’est soi disant bon pour la santé. Alors, je me suis levé, j’ai attrapé les rideaux, et j’te les ai tiré, mon vieux, d’un coup, je les ai tiré. Ça a fait frrrr, et puis, ça m’a ébloui.

" Et allez, je me suis dit, v’la encore du soleil ! "

Je me suis fait mes tartines, puis j’ai bu mon café, et voilà un bonhomme avec le vieux Alceste qui discutait comme ça. Moi, je suis une altruiste. J’aime bien savoir ce qu’il se passe chez les gens. Alors, naturellement, je les ai suivi, voyez ? Et qu’est-ce qu’il foutait là, ce petit gars de la ville, avec le vieux Alceste ? C’était louche, tout ça. J’ai tiré le Clébar par le collier en disant : " Clébar, on va faire une ballade. "

Ben oui, le vieux Alceste, il est pas très commode. C’était un collabo, en son temps, il paraît. Il paraît même qu’après, il était chez les russes. Il paraît que c’est là qu’il a vu la Ginette, vu qu’elle était une rouge. Toinette, elle m’a dit ça. Alors, le Clébar, c’était un camouflage, comme qu’y dirait. Je ferais une bonne espionne. Mais je suis honnête, alors… Et puis, vous avez vu le James Bond à la télé ? J’ai pas tout son barda ! Le Clébar, il est vieux. Pas vif, en plus de ça… Enfin, je les ai suivi, parce que c’était pas clair. Et puis, le vieux Alceste, y le regardait comme ça. Comme ces garçons vicieux aux manifs colorées des parigos, sur leurs chariots qu’on pourrait y mettre un bœuf tellement qu’y sont gros. Et puis, le vieux Alceste, il souriait, pis l’autre, il lui souriait aussi ! Je voudrait pas dire, mais tout ça, c’était pas joli-joli… Ils sont allés dans la forêt. Je vous ai dit que c’était pas clair. Et ce jeune freluquet, il a enlevé sa veste. Et moi, j’entendais rien, mais y avait anguille, comme on dit par chez nous. Il lui montrait les fleurs, et puis les petits zio-zios. Comme à un amoureux ! J’avais jamais vu ça ! Je me disais : " Mon petit père, tu vas voir, au village. Fricoter dans les bois avec un freluquet ! "

J’étais dégoûtée, tiens. Et ce vieil hypocrite qui allait à la messe ! On le voyait des fois ! Avec ce qu’il faisait ! C’était pas moi, voyez, qui me poussait à les suivre. C’était l’honnêteté. Dieu, même, comme qu’y dirait. Je faisais pas de bruit. Je disais au chien de se taire. Il bavait, c’t’empaffé, c’était insupportable. L’après-midi passait. Ils se tenaient pas l’épaule. Ah, c’était dégoûtant ! Moi, j’étais indignée ! J’aurais des choses à dire, tout à l’heure, au village ! Et puis, le parigo, ça le gênait même pas ! J’étais sûre que là bas, ils étaient tous comme ça.

Et puis, mon vieux Clébar, je sais pas ce qu’il a vu, mais il a aboyé, et puis il a couru vers les deux amoureux. J’ai dû courir derrière, moi, pour le rattraper. Et puis, j’ai dû crier. Ah ça ! J’étais gênée ! L’oncle Alceste, il m’a vu et il m’a fait coucou. Il m’a dit : " Viens par là ! Tu fais quoi ? Tu viens d’où ? " Il avait l’air joyeux. Moi, je l’ai regardé. J’ai prit le vieux Clébar fermement au collier. J’ai dit :

  • A ton avis ? je me promenais ! " Oui, c’est vrai, j’ai des talents d’actrice. On me l’a déjà dit. Il a dit :
  • C’est marrant, on ne t’avait pas vue. " J’ai dit :
  • Ben, moi non plus. " Alors, le vieux Alceste, il m’a montré le jeune, et il a dit :
  • Clotilde, je te présente mon neveu. " J’ai rougit et j’ai dit :
  • Salut, moi, c’est Clotilde. "

Je peux vous dire que ce jour là, j’avais vraiment l’air fine ! Enfin, on a parlé. Ben, tout le monde peut se tromper ! J’ai rien dit, vous pensez ! Je suis rentrée chez moi et revenue dans ma chambre, je me suis couchée, et je n’ai plus eu qu’une idée en tête : Me rendormir.

par alguboogi publié dans : nouvelles
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Vendredi 13 juillet 2007

Dans la Myriade Enchantée, il y avait des milliards de royaumes, dans ces milliards de royaumes des milliards de districts, dans ces milliards de districts, des milliards de juridictions, et dans ces juridictions, des milliards de milliards de métropolis enchantées, de villes enchantées, et des villages enchantés par milliards de milliards. Dans les villages enchantés, il y avait des milliards de châteaux de toutes les couleurs, et autour des châteaux, l’humeur de la maison, reflétée par le ciel de la maison, la population enchantée de la maison, et la forêt de la maison. Outre les forêts des maisons, il y avait les forêts hors maison que même les statisticiens enchantés ne comptaient plus, les lacs magiques, des montagnes magiques, des déserts magiques, des océans magiques, et d’autres lieux merveilleux irrépertoriables. Autant dire que la Myriade enchantée était un casse tête géographique. Chaque village enchanté avait ses trois bulles : La bulle métaphysique blanche, la bulle politique rouge et noire, et la bulle de justice, transparente, en général.

Dans la bulle transparente du village des Colombes, dans la pièce centrale du grand château de verre, un procès avait lieu. Sa Transparence, le grand juge du village, avait revêtu une invisibilité de circonstance, les maîtres Chéréson et Tator avaient préparé leurs arguments, les témoins s’étaient pomponné pour l’occasion, et on avait déployé le tapis infra rouge pour les invités d’honneur, des personnalités universellement connues, en tournée pour la grande campagne électorale de l’année : La reine des princesses. Solennellement, donc, chacun avait prit sa place.

" Accusé Wouf, à la barre, s’il vous plaît. "

L’accusé Wouf fit un pas en avant et se cogna contre la barre de verre. Les jurés, Mia, Mieu, Myi, Moi, Miu, et Myigrec, se frottaient déjà les pattes en pensant à l’issue inévitable de cette sympathique affaire, et ajustaient leur monocle sur leur nez.

" Vous êtes accusés d’avoir commit un acte d’une extrême violence sur la personne de l’innocent petit chat Miou, en le mordant derrière les oreilles. La victime réclame réparation pour sa terrible blessure que l’expertise a révélé faire au moins deux millimètres et demi de longueur, un demi-millimètre de large, et atteindre largement la profondeur d’un quart de millimètre. "

Myi ! Myi !  S’écrièrent les jurés indignés : Miéchant Wouf ! Miétez le au cachot ! "

Le fait était qu’on ne pouvait pas contredire une expertise formelle au miroir magique. Il y avait bien eu morsure. Au moins deux millimètres et demi de longueur, un demi-millimètre de large, et un quart de millimètre de profondeur. Les dommages causés à Miou étaient indéniables. Maître Chéréson prit une grande inspiration et dit d’un souffle :  " Sa Transparence, messieurs les jurés, l’accusé Wouf, de la race CANINE avait AVANT cet incident terrible certaines tendances EVIDENTES à recourir à l’agressivité. J’en veux pour preuve l’OS, pièce à conviction de cinq centimètres de longueur et d’un de large que nous avons trouvé dans la forêt du château de son maître. "

Myi ! Myi ! Myisérable ! S’écrièrent les jurés indignés. "

DE PLUS, au risque de décourager maître Tator, mon… Hum hum… CONFRERE, je tiens à souligner que l’accusé en question a pour cousins éloignés une espèce qui nous donne à tous la chair de poule : Les LOUPS, Votre Transparence et messieurs les jurés. Vous avez bien entendu : Monsieur Wouf ici présent a pour relation, que dis-je pour FAMILLE, les plus redoutables créatures de notre juridiction. " Les jurés s’écrièrent :

Myiiiiiii… En hérissant les poils d’horreur. On eût dit la pièce soudain remplie d’électricité statique. L’accusé Wouf, qui avait un très bon odorat, sentait très mal cette affaire. Maître Tator s’exclama :

OBJECTION, Votre Transparence ! Maître Chéréson, mon… Hum hum… Confrère, a TORT, si je puis dire, de violer par ses propos l’article quatre milliards de la section hirondelle du Grand Livre des Bulles. L’article, si je ne m’abuse, interdit toute discrimination espéciale dans la Myriade Enchantée. De plus, je tiens à souligner que les loups sont des cousins ELOIGNES de mon client. J’en veux pour preuve le fait qu’il ait été DOMESTIQUE par un prince de bonne réputation. J’appelle le prince Rayonnance à la barre. "

Rayonnance fit un portrait des plus flatteurs de son chien Wouf : Non, il n’avait jamais eu de problème avec ce chien là, il était de bonne compagnie, correctement docile, malgré quelques écarts de gourmandise, peut être, d’où l’os du jardin, supposait-il, mais il n’avait jamais eu à le réprimander pour autre chose. D’ailleurs, ce jour là, il dormait. Wouf était un bon chien, un anti- loup, un agneau, pour ainsi dire. Maître Tator était satisfait. Il s’appliqua ensuite à dresser un portrait des plus défavorables de la victime, portrait qui fut copieusement hué par les jurés. Maître Chéréson rappela à l’audience que le pauvre Miou était la victime de cette violence sauvage, et non l’accusé dans cette affaire. Puis, il appela Cruella D’Enfer, à la barre, une honnête commerçante de l’industrie textile de la bourgeoisie des Colombes qui dénia totalement le portait infâme que l’on faisait de son innocent petit chat Miou, innocente victime de la barbarie de ce Wouf sans cœur. Elle dressa un portrait des plus flatteurs de son petit Miou, et dit avoir vu de ses yeux le forfait terrible, ce à quoi les jurés ne purent s’empêcher de s’écrier : " Myisérable ! Punissez-le comme il le miérite ! "

Comme on ne pouvait vérifier ni les dires de Cruella, ni ceux de Rayonnance et qu’on se doutait que chacun des témoins avait une vision partiale de l’affaire, on demanda l’avis suprême des invités d’honneur. Cendrillon se leva bien vite, se mit devant l’audience, et soupira  avec emphase : " Pauvre petit Miou !… " Ce après quoi, elle s’évanouit pour montrer l’intérêt qu’elle porte à l’affaire. On se précipita sur le corps inanimé de Sa Grâce Fragile, et on la porta dans un coin pour l’éventer. Puis, Blanche Neige se leva, et se mit devant l’audience à son tour. Elle aurait voulu défendre Miou, mais la place était déjà prise. Elle examina la blessure et dit doctement : " En tout cas, ceci n’est pas une morsure d’animal sauvage. Je puis vous dire avec certitude, car j’excellais dans le cours d’élite comment vivre au milieu de la forêt sans se faire agresser par les animaux sauvages, lors de ma formation. Chacun ses talents. Ma… Hum hum… Consœur ici présente se débrouillait plutôt bien dans les cours comment rester humble et digne avec une belle-mère et des belles sœurs maléfiques. "Cendrillon se réveilla d’un coup, et dit de sa voix claire :

D’ailleurs, je tiens à souligner que j’ai ici un tract vous expliquant comment, si vous votez pour moi à l’élection de la Reine des Princesses, le droit au divorce sera instauré dans Cendrillonland, Blanche-Neigeland, et bientôt dans toute la juridiction, et comment cela éviterait à d’autres les traumatisme que j’ai vécu. " Blanche Neige s’insurgea :

Blanche-Neigeland est MA métropolis, espèce de pomme venimeuse ! Votez pour moi, pas pour cette usurpatrice ! 

Ne l’écoutez pas ! Tu veux que je te balance ma chaussure de verre dans la figure ? !

Viens ! Viens te battre ! Je te prends maintenant, là ! Quand tu veux ! "

Blanche Neige crêpa littéralement le chignon de Cendrillon, Cendrillon arracha sans ménagement le beau ruban de satin rouge de Blanche Neige. Elles se roulèrent par terre dans la cohue générale, se tirant les cheveux, se griffant, se mordant, s’arrachant mutuellement leurs jolies robes très chères, tant et si bien que Sa Transparence dût intervenir et les faire traîner de force au catch dans la boue pas trop sale pour princesses qui était prévu pour ce genre d’incident, malheureusement fréquent. La moitié de l’audience partit pour les voir se battre. Les deux belles-mères tremblaient encore de leur accès de colère. Combien de fois avaient-elles prouvé qu’elles étaient des victimes aux belles-mères maléfiques anonymes ?

Après les lumières apportées par Ses Grâces Fragiles, les jurés décidèrent que l’accusé Wouf était coupable. Sa Transparence allait trancher, lorsque Maître Tator usa de son truc de la dernière chance qui marchait malheureusement peu souvent : Il attrapa un pan de blessure à l’oreille de la victime, et… Il se trouva que cette fois, il avait raison : La blessure était fausse. Lorsqu’on se tourna vers le Miroir Magique, il répondit : " Vous m’avez demandé les dimensions de la blessure, pas si c’était de la peau ou du plastique… "

On passa aussitôt à l’affaire de Madame l’Oie, qui niait avoir des dettes de jeu. Vaux, vaches, cochons, et poulets entrèrent dans la salle.

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Vendredi 13 juillet 2007

Paris. Mai 68. Nico, un gamin aux cheveux gras sur son visage osseux reçoit un coup de fil de Marcel : " J’ai un accord super bat’, écoute un peu ! " Gling. Nico n’est pas convaincu. Ça n’est pas avec les accords pourris de Marcel qu’ils vont devenir les nouveaux Beatles.

  • Y a encore du boulot ! Attends : T’es chez toi ? J’arrive. " Nico sort de chez lui. Prends le métro. Tourne dans une rue, une autre.
  • Alors, il est pas bat’ mon accord ? " Marcel a cette énorme perruque afro sur la tête, et, la classe, son pantalon scratch à rayures rouges avec son foulard assorti noué en cravate.
  • Aussi révolutionnaire que l’aspirateur de ma mère… "
  • Moi, je crois qu’il irait bien avec ton texte Mort aux cons. Faudrait juste inventer une mélodie. "

Nico et Marcel discutent musique, puis décident d’aller chercher l’inspiration dans l’impressionnante collection de vinyles de Nico. Ils tournent dans une rue, puis une autre, prennent le métro, et à Bastille… Ils se retrouvent derrière une rangée de CRS. Il y a foule. Encore une manif. C’est bien beau, les manifs, mais là, les gamins doivent vraiment aller chez Nico. Nico tape à l’épaule d’un CRS : " Heu… S’cusez-moi, m’sieur, mais mon copain et moi, on voudrait passer. J’habite juste là bas, voyez… " Le grand CRS chauve se gratte la tête. On dirait un nounours qui vient de se réveiller.

  • On va vous laisser passer les jeunes, mais va falloir patienter… " Nico et Marcel sont un peu perdus, mais bon, ils sont bêtes et disciplinés. Au bout d’un quart d’heure d’attente, Nico refait un essai :
  • Heu… M’sieur, j’habite juste là vous savez… " Mais le nounours semble ailleurs, à présent, tendu, concentré. Et, tout d’un coup, il crie :
  • CHARGEZ ! "

Là, Nico et Marcel se rendent compte qu’ils vont se retrouver dans une baston générale, avec bâtons, bombes lacrymos et pavés. Bon sang. Il faut sauver sa peau. On sent déjà monter la vague du grand mouvement de la foule déterminée, les cris de sauvage, les affrontements, la sueur, les cris, la bousculade, la barbarie débridée. Bon sang. Les gamins se regardent, puis courent comme des dératés. Les cheveux de Nico lui fouettent le visage. Il a une allure d’autruche marathonienne dopée. Marcel, toujours la classe, court prudemment en tenant sa perruque, son pantalon à scratch, et son foulard qui risque de tomber. Vite, il faut trouver un abri. Tiens. Une barricade. Nico et Marcel viennent s’y réfugier.

" Vous tombez bien, vous deux, tiens ! " s’exclame un gros militant barbu au gilet en peau de mouton et au regard porcin.

  • Faites passer ! " Sans y rien comprendre, Marcel reçoit dans ses mains un gros pavé, qu’il passe à Nicolas, qui le passe à un autre militant. Pris de court par ce travail à la chaîne improvisé dans la cohue générale, Marcel hurle aux oreilles de Nicolas :
  • Qu’est-ce qu’on fout là ? ! "
  • Chais pas. La révolution, je crois. "
  • Ah. " Mais ça n’est plus rigolo, tout ça. Des CRS commencent à s’attaquer aux militants qu’il y a de leur coté. En plus, ils n’ont pas l’air commodes du tout, ces militants là. Le gros barbu, tout rouge, hurle :
  • FACHOS ! " Comme si on allait l’égorger.

Le truc, c’est que Marcel et Nico n’ont pas envie de mourir, mais alors pas du tout, alors là. Ils ont faim, ils ont la trouille, et ils ont une furieuse envie de rentrer. D’ailleurs, c’est ce que Marcel fait : Il réussit à se carapater jusqu’au métro. Le problème de Nico, c’est qu’il est dans son quartier. Tellement de monde. On peut à peine bouger. Son instinct de survie pousse Nico vers la cime d’un arbre. Jusqu’à cinq heures

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Vendredi 13 juillet 2007

" Mais si, papa, j’te jure, c’est bien la plage. Ben oui. Et puis, on va toujours a la montagne. Pourquoi tu n’écouterais pas un peu ce que j’ai à te dire, moi ? "

Il me regarde avec son petit air hautin, mon père… Oui, hautin ! Sous prétexte qu’il a la voiture et que je n’ai pas encore le permis. Mais j’ai 15 ans, moi, zut ! ça m’énerve. Et puis, sa montagne, toujours sa FOUTUE montagne, je DETESTE la montagne, non mais QUAND est-ce qu’il va finir par comprendre ça ? Il n’y a que lui, qui l’aime, sa montagne, c’est toujours le même cinéma. Non, et puis comme d’habitude, maman ne dit rien, et comme d’habitude, je n’ai pas le droit d’aller à la mer avec ma copine Sophie… ça m’ENERVE ! 

" Mais zut ! Tu pourrais écouter, au moins, quand je te parle ! Sophie, c’est PAS une droguée, c’est PAS une clodo, c’est PAS une allumeuse. Sophie, en grec, ça veut dire SA-GESSE, et ma copine, elle porte vachement bien son nom ! Et puis, il y a ses PARENTS, je te signale ! Je te signale aussi que c’est EUX qui t’ont appelé, EUX ! Tu comprends que c’est sérieux, ou quoi ? "

  • J’ai dit, NON ! La marche, c’est bon pour la santé. Et puis ta tante Julienne, elle attend notre arrivée. Et puis je t’INTERDIS de me parler comme ça ! Non, mais c’est pas possible ! L’adulte, ici, c’est moi ! "
  • Mais papa… "
  • Non, tais-toi. Je ne veux plus t’entendre. Et tante Agathe, alors ? Et mamie ? Et tante Ambre ? Tu ne les vois jamais. Ton amie, tous les jours. Tu peux faire un effort ! "

Mais faut voir tante Agathe, tante Julienne, et tante Ambre, et leurs foutues patates. Même le ski, maintenant, ça me sort par les yeux. Je VOMIS la montagne ! C’est moche, c’est vide, c’est creux ! Marcher… Tu parles d’une plaie ! Ah… Il était tout sucre avec la mère de Sophie ! Oui, je réfléchirai… C’était tout réfléchi ! Et puis, il ne m’écoute pas, et ma mère, elle ne dit rien. Mais elles me gonflent, les tantes, et puis, je vais m’ennuyer. Y a même pas de boutique dans leur sale trou paumé. Y a même pas de touriste. C’est gris, c’est mort, c’est froid. Elle n’est même pas connue, leur foutue station, là… Et puis, y a l’autre bouseux collant qui est love de moi. Mais je lui ai rien de mandé, en plus, à celui là ! Il n’est même pas passable. Puis, j’ai rien à lui dire. Et pour trouver des jeunes, là bas, faut s’accrocher. Et puis, deux mois, c’est long, dans leur foutu chalet. A la fin du séjour, la tété, j’en peux plus, les tantes, j’en peux plus, la mémé, j’en peux plus ! Et puis, leurs paysages, et leurs vaches à la noix, et toujours des patates, MAIS JE VEUX VOIR LA MER, MOI ! mais non, j’ai beau parler, bien sûr, il n’entend rien. L’adulte, ici, c’est moi ! Non, mais il est gonflé ! Comme si j’existais pas ! Toujours à me surveiller… Je ne suis plus en sixième ! Je ne fais jamais ce que je veux ! Marre, MARRE de la montagne ! PLUS QUE MARRE de mon vieux ! Et ma mère qui ne dit rien… Ce qu’elle peut m’énerver ! Il m’avait toujours dit que si j’avais mon brevet… Je lui lance un regard noir. Je cours, et claque la porte de ma chambre. J’appelle : " Alors ? "

  • Mon père, c’est un buté. Je te l’avais bien dit. Mais si tu veux monter… Si tu viens avec moi, tu crois qu’il me lâchera, cette censure de bouseux ? "
  • Bah oui, tiens ! Sans problème ! Si tu veux, je jouerai de mon charme naturel et je te le piquerai. Mais je ne veux pas déranger… "
  • T’inquiète pas, va. La place, ça manque pas au chalet. Et quand y a de la bouffe, c’est pour un régiment. Par contre, c’est des patates, mais alors tous les jours, bonjour la variété… Et puis, c’est mort, là bas. Mais je vais péter un câble, moi, eh, si tu viens pas ! "
  • Ma vieille, elle est sortie. Mais attends. Je l’appelle, et je te dis. "

" T’as vu, c’est chiant, la marche. "

Ouais, mais ton campagnard, il est pas mal du tout. Et puis, toujours, la mer… J’avais jamais vu de vache. Et puis, ça pue pas tant que ça. Et puis, c’est très joli. Allez ! L’année prochaine, tu convaincra ton père. Je ne m’ennuierai pas comme ça. Toujours à voir la mer…

par alguboogi publié dans : nouvelles
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Vendredi 13 juillet 2007

" Dis donc madame Disieu, vous en avez vous des nouvelles de madame Petsec ? "

Bah ca, quand on cause pas on cause pas… "

Non mais je veux dire : Vous l’avez vue ? "

Pas ces jours ci. "

Elle irait pas acheter son pain aux concurrents, dites-moi ? "

Ah ! bah ça… "

Madame Disieu alla de ce pas raconter la nouvelle à madame Sanvoi qui le répéta à son tour à madame Lecoute : Madame Petsec désertait la boulangerie de madame Poinpoin. Quelle honte tout de même, Lucette faisait un si bon pain.

Comme d’habitude, monsieur Dumou faisait sa tournée. Il pédalait à toutes jambes ; C’était l’heure du déjeuner. Un détail l’intrigua, cependant, ce matin là : Madame Petsec n’avait pas ramassé son courrier. Aurait-elle déserté ? Juste pendant le concours de courgettes auquel elle participait ? Au Durochette café, on causa, ce soir là. Monsieur Cochon ne l’avait pas vue non plus, lui qui avait des entrecôtes à tout casser, Tess la caissière ne l’avait pas vue au Bapri, Lola ne lui avait pas servi sa verveine, ces jours ci, et ça faisait un moment qu’elle n’avait pas emprunté de livre à monsieur Jean louis. Il fallait faire quelque chose pour la vieille peau. Ça n’avait pas l’air de trop bien aller. On demanda à la grande Simon d ‘enfoncer la porte, elle qui était musclée. Fallait bien voir. On se demandait ce qui se passait. Alors, le lendemain, madame Disieu alla chez la mère Petsec avec la grande Simon pour donner un coup de main. La grande Simon s’écrasa deux ou trois grands coups contre la porte, et puis la porte s’ouvrit. C’est dans le jardin que madame Disieu découvrit madame Petsec. Assassinée par sa courgette de concours. Une courgette géante. On ne fit ni une ni deux. On prévint monsieur Lasieste au commissariat.

Le policier vint pour relever les empruntes et tout ça. L’inspecteur L’Oignon suivait monsieur Lasieste pas a pas. Le médecin légiste, monsieur Trifouillis commençait l’autopsie. Bien sûr, madame Disieu et madame Simon étaient bonnes pour le commissariat.

" Oh la Petsec, vous savez, y a pas grand monde qui la portait dans son cœur. Elle avait une façon de parler aux gens qu’on croyait qu’elle allait les bouffer crus. "

Bof ! Une mégère, quoi. "

Mais non qu’on la connaissait pas ! Quand on cause pas, on cause pas ! "

Ca non, on était pas copines, elle me portait sur les nerfs, je vous dis que ca. " 

Mais tout de même, un meurtre, c’est un meurtre, y a pas… "

Lui casser la gueule, ca m’aurait suffit, à moi… "

On les remercia.

" Violente, la Simon. " Dit monsieur Lasieste en mâchonnant son chewing-gum. " Sanguine comme tout. Et la morue, t’en penses quoi ? "

L’inspecteur l’Oignon secoua la tête. Madame Disieu, il ne croyait pas. Avec ses spaghettis a la place des bras. La Simon correspondait plus. Elle avait un profil d’agitateur, cette femme là.

" Un chewing-gum ? " Proposa monsieur Lasieste à monsieur l’Oignon.

En rentrant chez elle, madame Simon annonça à son toiletteur pour chien de mari, et à ses 7 enfants au milieu du dîner :

" On a assassiné madame Petsec. "

Mamma mia ! " répondit monsieur Simon

Pan Pan ! " commentèrent les cinq petits derniers

Non, jure… " souffla Elie la benjamine.

Trash. " Déclara Amande l ‘aînée.

On m’a convoqué au commissariat. "

Ma que maloré pour la familia ! "

Trop dur… "

Société POURRIE, tous des POURRIS ! "

Une semaine plus tard, on vint chez les Simon interroger Gertrude. Gertrude était revenue à la maison le jour du meurtre. Les cinq petits derniers étaient chez la nounou, Elie était à une séance de photos avec une amie, Antonio était à un concours pour chien avec leurs pitbull jumeaux Krok et Krado, et Amande répétait à la cave avec son groupe de punk, les Scalpés. Gertrude n’avait pas d’alibi, pour résumer. On l’emmena au commissariat. Les cinq petits derniers pleuraient, et Antonio répétait : " Mamma mia ! "

Amande était à l’arrêt de bus. Quelqu’un vint s’asseoir à coté d’elle. C’était la gothique de L’Orangeraie Bleue. Elle marmonna en sa direction :

" Vous avez vu, un meurtre, c’est tragique et tout ca. "

Il y a plus tragique : J'ai cinq petits frères et ma sœur est blonde. Ca craint. "

Dur. Je sais ce que c’est, mes frères sont fan de hip hop. "

On devrait inventer une société secrète, je connais une fille qui a une sœur aussi blonde que la mienne. "

Dramatique. "

Sur le chemin de l’université Cruchot, Amande lui expliqua ce qui était arrivé à sa mère ; L’accusation était sans fondement bien sûr : Pourquoi tuer les gens quand on peut les envoyer à l’hôpital ? Logique.

La nouvelle avait fait le tour du village, grâce aux bons soins de madame Disieu, madame Sanvoi, et madame Lecoute : La grande Simon était présumée innocente au commissariat de Durochette-la-colline. Elle était donc probablement coupable. Une camionneuse haltérophile aussi soupe au lait, c’était amené à faire quelques sottises. On pleurait madame Petsec. Personne ne la connaissait bien, mais elle devait sûrement avoir une tonne de qualités cette femme là. La fille de la victime arriva, entouré de son notaire, de son avocat, de son ingénieur en aéronautique de mari, et affublé de sa fille. Il fallait bien qu’elle règle certains détails pratiques pour l’héritage. Elle était en deuil, il fallait bien qu’elle voie si ça valait le coup. Elle ressemblait bien à sa mère : Nez aquilin, cheveux filasse en chignon, hautaine, snob, imbuvable.

Claire Avril, celle dont la sœur était blonde, s’était joint à la société secrète d’Amande et de Cassandre Clochette, la gothique de l’Orangeraie. Elles l’avaient baptisé : les Sucrettes. Claire ajusta son bob jamaïcain sur ses tresses africaines, et décréta :

"  L’enquête est trop speed, man. Ça, c’est la faute au stress. Ils seraient plus cool, man, si on avait légalisé la beu… " Amande passa pensivement sa main sur sa crête rose fushia, fit frémir ses trois anneaux dans le nez en inspirant brusquement et lacha :

C’est pas un problème de beu, Claire. Ils le font exprès, ces rats. Doit y a avoir une affaire d’état ou un truc du genre. " Cassandre fronça les sourcils :

Tu bad trip, chérie, la conversation devient vachement space. "

Ouais, man. Faut pas fumer n’importe quoi. "

N’empêche que moi, je vais pas laisser les flics mettre ma vieille au trou pour queud’. Elle a pas trucidé c’te crevarde, c’est tout. Je veux savoir ce qui s’est vraiment passé, alors qui me suit ? "

Moi, " dit Cassandre : " J’ai que ca à faire. "

Moi, " dit Claire. " Mais faut pas me brusquer, man. "

Cassandre s’était renseignée, et quelque chose la chiffonnait. L’autopsie avait révélé qu’on n’avait pas assassiné madame Petsec dans son jardin. Le jardinier de la victime confirmait cette hypothèse. Madame Petsec n’y mettait pratiquement pas les pieds, hormis pour s’occuper de sa courgette de concours, mais dans ces cas là, elle s’habillait en conséquence : Elle n’aurait jamais touché à sa courgette de concours avec son chemisier en soie préféré, sans tablier et sans gants. Donc, on avait arraché sa courgette géante, on s’était introduit dans la maison pour la tuer, et on l’avait traîné dans le jardin. Ensuite, on avait prit le soin de nettoyer les sols pleins de terre, et d’effacer les empruntes sur la courgette. Dans le genre crime passionnel, ça se posait là. Elle en parla à Amande. Amande fut d’autant plus convainque par sa théorie du complot. Elle proposa d’aller chez madame Petsec en effraction pour vérifier s’il n’y avait pas de papiers compromettants. Claire fit :

" Et si on sonnait tout simplement, man ? "

Il se trouva que finalement, la proposition d’infraction sonnait beaucoup mieux. Aucune d’entre elles n’étant spécialiste en porte blindée ou en escalade, on s’ingénia à casser la vitre de la grande chambre inoccupée du rez-de-chaussée. A pas de loup, elles entrèrent. Toutes en cœur, elles sursautèrent : Grande, élancée, nez pincé, expression snob, ensemble noir parfait au col blanc de nonette, elles auraient juré se trouver face à face avec le fantôme de la victime.

" Ciel, des voleuses, " marmonna une voix plate d’un ton parfaitement monocorde. " Quel héroïsme : vous me sauvez la vie, je me mourrais de langueur. Quel est la prochaine étape ? Vous m’enlevez ? " Amande fut la plus rapide à reprendre ses esprits :

C’est qui, elle ? "

Si je puis me permettre, elle s’appelle Amélie, et à cette heure tardive, elle déambulait lugubrement dans l’appartement vide de sa grand mère assassinée. "

Tu vois, " dis Cassandre à Amande : " ça, c’est quelqu’un qui a le sens du tragique. Tu m’as trop émue, mademoiselle. "

Au risque de paraître peu courtoise, puis-je savoir ce que la vitre de ma chambre vous a fait ? " Amande et Cassandre se tournèrent vers Claire :

Chef de la diplomatie ? " Claire usa donc d’arguments diplomatiques :

J’ai de l’herbe. Je la fais pousser moi même. T’en veux, man ? "

Amélie Poi joignit les sucrettes. A la radio locale, Durochette FM, Les Salades chantaient leur tube du moment Mangez des fruits, c’est bon pour la santé, et Laitue, le leader du groupe était le grand favori du concours de Trouillous-les-Chatouillis pour son tube les choux, ca donne la patate. On pouvait dire que ça faisait du bruit.

Dans les tiroirs du bureau de feu madame Petsec, il y avait une quantité impressionnante de paperasse méticuleusement classée par thème. Elle faisait partie d’un nombre incroyable d’organisations dans lesquelles elle était apparemment très active : La ligue Ville Propre, MEAD, le Mouvement des Ennemis des Animaux Domestiques, les Soldats du Silence, contre les nuisances sonores, MALD, le Mouvement pour l’Anéantissement des Lieux de Débauche , l’Association pour la Réintégration de l’Uniforme et des Sévices Corporels à l’école…

" Sympa, ta mamie, " dit Amande à Amélie. " Etonnant qu’on l’ait pas tué plus tôt. "

C’est pour cela que j’évitais de venir, " rétorqua Amélie de sa voix monocorde : " Etonnant, en effet. "

Tout le monde aurait pu tuer madame Petsec. Elle était tellement insupportable.

Les sucrettes étaient allées prendre un café. Peggy, la meilleure amie de Claire s’était frayé un chemin entre les tables, en agitant gracieusement son bâton de pur encens tibétain pour assainir la pièce :

" Tu es poisson, n’est-ce pas ? "avait-elle susurré à amande d’un air absolument fasciné.

Non, taureau, " avait répondu Amande quelque peu déstabilisée.

J’en étais sûre, " avait re- susurré Peggy. Un long silence avait suivit.

Fais chauffer les surgelés ! " hurlait la grosse Doudou en cuisine.

Connard de machiste minable ! " hurlait Lola à un client quelque peu éméché.

A la table d’à coté, madame Disieu parlait. C’est là que les sucrettes apprirent la nouvelle : Laitue avait été assassiné. Par sa courgette de concours. Une tragédie.

" Marie Joseph, " lâcha monsieur Jean Louis

Nom d’une vache folle, " souffla monsieur Cochon choqué.

Ouh dis ! " fit madame Poinpoin en se grattant la tête.

Un chewing-gum ? " proposa monsieur Lasieste à la ronde.

On est bonnes pour une nouvelle effraction ", marmonna Cassandre.

J’ai peut être une meilleure idée, " fit Amande.

On relâcha Gertrude Simon. Amande avait de plus en plus envie de trouver le coupable. Il fallait faire un sacrifice. Elle promit à sa sœur une après midi de shopping et de se laisser torturer dans un salon en échange d’un service rendu. Avec la sœur de Claire, Elie Simon alla jouer les groupiez. Les filles étaient parfaites.

" Ce que vous étiez sexy sur l’affiche de Clean Teeth, Batavia ! " rugissement de lionne.

Frisée, votre solo dans le tube les bonbons c’est mauvais me fait à chaque fois tomber à la renverse ! " Hurlement hystérique.

Et quand vous avez jeté votre T shirt trempé de sueur dans la foule lors du grand concert de Brisée-Saline, Vinaigrette ! " soupir.

Tellement dommage que Laitue soit mort… "

Pendant ce temps, et dans une discrétion extrême, quelques piles de papier avaient disparu du bureau de feu Laitue. Le Pouvoir de la Blondeur.

Dans les papiers du leader du groupe assassiné, il y avait en vrac un contrat exclusif pour la promotion des fruits et des légumes frais, des documents administratifs à propos du prochain concert à Ville-de-Ré, la nomination au grand concours de Trouillous-les-Chatouillis, les droits d’auteur délivrés par la Zykmu-Plaza… Un document attira l’attention des sucrettes : Une invitation en tant que membre d’honneur à une des réunions de la ligue anti chewing-gum.

" Hahaaa… " dit Amande.  " Apparemment, notre assassin avait une dent contre les anti mâcheurs… "

Mais qui peut aimer les chewing-gum à ce point ? " fit Cassandre.

Encore des gens stressés, man. " en conclut Claire.

Monsieur Lasieste avait fait mettre madame Bobo en garde à vue. En effet, elle faisait partie des suspects depuis le début : Madame Petsec, du temps où elle était professeur de violon avait brisé ses rêves de percer dans la musique, et les salades étaient un groupe à succès. Elle avait donc deux très bons mobiles : le désir de vengeance, et la jalousie. De plus, elle faisait de l’aérobic. Ce sport rendait peut être plus tonique qu’il n’y paraissait. Les rapports ne parlaient pas de la ligue anti chewing-gum. Les sucrettes se demandaient pourquoi madame Bobo était sur la scellette.

Cassandre avait envoyé ses frères jumeaux en repérage, et avait promis en échange de ne plus les appeler Jean-Eudes et Jacques-Henri, mais D’jano et D’jako, eux qui détestaient leurs vrais prénoms. Comme ça, elle pourrait aller au concert des Amphétamin’s à Wech-Village. Et puis, à ses yeux, des fans de hip hop dans un commissariat, ça faisait moins tâche d’huile.

" Ouais, on nous a même pas kémar, " dit D’jano.

L’batard, il paraît que la pharmacienne, elle est devenue ouf parce qu’on lui a pas laissé jouer leur musique de barbare, là… " ajouta D’jako.

Trop chelou ! " conclurent-ils en cœur.

Les sucrettes avaient du pain sur la planche : Il fallait se renseigner sur madame Bobo, et parler de la Ligue anti chewing-gum à l’inspecteur l’Ognion. Au train où allaient les choses, monsieur Lasieste aurait bientôt bouclé l’affaire.

" Trop stress, man. " Soupira Claire.

Ouais, le chien, il a bouffé du lion, " cracha Amande.

Amélie avait interrogé sa mère. Non, madame Bobo n’avait jamais été douée en violon, c’était un véritable supplice de l’écouter jouer, et elle était toujours d’une humeur massacrante en sortant de son cours hebdomadaire au domicile de madame Petsec. Epiphanie Poi avait été catégorique : si une personne au monde était insensible à la musique, c’était bien Sylvia Bobo. Si elle avait eu le choix, elle aurait employé le précieux temps qu’elle perdait à son cours de violon à fleurter dans les champs avec son futur mari. En questionnant monsieur Bobo, les sucrettes avaient découvert avec stupeur… Que madame Bobo elle aussi faisait partie de la Ligue anti chewing-gum. Deux meurtres et une arrestation, la théorie du complot était de plus en plus plausible. Claire demanda à discuter avec l’inspecteur l’Oignon. Il fut fort intéressé par toutes ces nouvelles informations. Il décida de creuser l’hypothèse du complot. Il rédigea un manda de perquisition.

Quand il fouilla dans l’appartement de monsieur Lasieste, il découvrit qu’il faisait la promotion des chewing-gums Bity Bite pour arrondir ses fins de mois. Or, la ligue voulait faire passer un projet de loi qui interdirait ces fléaux anti- diététiques, polluants, dangereux, et vulgaires dans les lieux publics, et bientôt les éradiquer de la surface du globe. C’était mauvais pour les affaires.

" Je me disais bien qu’on ne pouvait pas aimer les chewing-gums à ce point. " Affirma Cassandre.

Dans la chambre, au pied du lit de monsieur Lasieste, on découvrit une mini- hache spécial courgettes géantes. Au mur, trônait un tableau remplit de photos parmi lesquelles celles des victimes qui avaient été cochées. Le suspect fut écroué.

Comme tous les ans, c’est les salades qui gagnèrent le grand concours de courgettes cette année là. En hommage à leur leader et ami tué, ils baptisèrent le nouveau chanteur Courgette. Courgette remplacerait Laitue lors du grand concours de Trouillous-lesChatouillis.

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Vendredi 13 juillet 2007

" Bon alors, cette année, je me reprends en main. "

Te était le grand projet de Mélanie. D’abord, elle avait 19 ans. Si elle n’était pas capable de prendre de grandes décisions à son âge… Alors, elle avait décidé que pour sa vingtième année, elle aurait un corps de danseuse. Elle se voyait déjà sifflée, admirée de tous, rayonnante, le nombril à l’air. Elle travaillait dans la restauration. Elle tenait à être présentable. A creuser ses joues rebondies. Et puis, d’abord, de rebondit, elle n’avait pas que les joues. Elle était faite de pneus sous cutanés. En fait, elle avait des formes si généreuses que leur générosité dégoulinait dans le regard des autres, et les enveloppait à grandes bouffées odorantes parfumées chez Séphora. Car Mélanie était bien tenue. D’ailleurs, si elle était sans arrêt suivie par des essaims de mini monstres suceurs de sang, ça n’était pas parce qu’elle était sale. C’était à cause, ou plutôt grâce à ses nouvelles crèmes Chanel pour le corps à 350 euros le flacon. Il ne lui manquait plus qu’une taille de guêpe à elle qui attirait les bourdons. Mélanie savait s’occuper d’elle. C’était le moins qu’on pût dire. D’ailleurs, elle n’était pas de ces masochistes qui suent comme des bœufs en pédalant rageusement sur des machines, autant dire dans la choucroute. Elle n’était pas non plus de celles qui exhibent leur embonpoint dans des cours d’aérobic envahis par des barbies longilignes. Ou PIRE, qui se lamentent dans des émissions de télé réalité et sont tenues d’employer des méthodes spectaculaires. Elle n’était pas non plus de celles qui se gavent de bouillies écœurantes et qui s’affament, en laissant flotter dans les airs leur haleine de chacal. Elle était encore moins de celles qui se précipitent désespérément à l’hôpital pour se faire mutiler à grands coups de bistouri. Non. Elle n’était pas de ces égarées qui prennent d’assaut les bureaux des psychiatres pour leur raconter leurs déboires caloriques. Elle était différente. Elle était saine. Elle comptait opérer un changement radical dans sa vie et devenir Mademoiselle Soja, la reine des végétariens, un modèle de sérénité, harmonie, paix intérieure, etc. A programme : Légumes, yoga, acuponcture, et piscine. Elle imaginait déjà la sensation de pureté intérieure quand elle aurait libéré son corps de toutes ses toxines, le calme euphorique après le yoga, les bienfaits de l’acuponcture, et le doux clapotis de l’eau chlorée. Oui, elle voulait déjà y être, et elle se demandait comment elle avait fait pour vivre ainsi aussi longtemps. D’ailleurs, elle deviendrait bouddhiste, évidemment.

Elle se mit à acheter tout un tas de guides pratiques pour commencer sa nouvelle vie. Elle les dévora tous un par un. Mais elle avait beau être incollable, la réalisation pratique de son grand projet fût plus difficile à entreprendre qu’elle ne le pensait. D’abord, sa décision ferme de devenir bouddhiste lui parut bientôt saugrenue. Ça n’était pas que Bouddha eût de mauvaises idées, non. C’était que ces fichues prières étaient imprononçables, et qu’on devait les ânonner en boucle pendant des heures. Imaginez-vous répéter Les chaussettes de l’archiduchesse sont sèches et archi sèches dix mille fois de suite sans vous arrêter. Et vu qu’elle ne comprenait rien à ce qu’elle devait marmonner, c’était pire. Dans ses grandes périodes de détresse, elle s’imaginait des choses complètement insensées. Et puis, la méditation lui fichait des fourmis aux pieds. Elle avait des migraines et dormait très mal. Elle mangeait très mal, aussi, ne parvenant pas à s’habituer ni au soja, ni aux steaks végétaliens, et il lui prenait parfois d’irrépressibles envies de viande ce qui la culpabilisait, et donc, la rendait agressive. Elle buvait tant qu’elle avait constamment envie de faire pipi, et c’était très gênant, au travail, de se précipiter aux toilettes aussi souvent. D’ailleurs, c’était très difficile de boire quotidiennement plus d’eau qu’une femme enceinte quand elle fait ses échographies, et elle devait lutter contre une furieuse envie de régurgiter le précieux liquide avant qu’il n’arrivât dans son estomac. Pour corser la chose, un ami bien intentionné lui avait dit qu’on pouvait mourir en buvant trop d’eau, ce qui la rendait sujette à de terribles angoisses. Les cours intensifs de yoga tonique ne la calmaient pas outre mesure, et lui faisaient endurer des courbatures atroces et des crampes phénoménales. Elle faisait une allergie au chlore de la piscine, et elle dût s’arrêter, car elle faisait conjonctivite sur conjonctivite, et sa peau à laquelle elle tenait tant se couvrait d’affreuses plaques rouges. Les séances d’acuponcture étaient interminables, et elle revenait chez elle plus stressée qu’elle n’en était partie.

Le jour où ses collègues l’invitèrent au restaurant pour son anniversaire, elle éclata en sanglots et partit en claquant la porte. Arnaud, cuisinier de son état, la rattrapa dans la rue, et la poussa sans ménagement dans un mac donald. Ainsi s’acheva, tristement et trop vite, le régime de Mélanie. Elle se remit au café, dévora à nouveau du bœuf de Grande Bretagne, et perdit dix kilos en s’activant frénétiquement au travail.

par alguboogi publié dans : nouvelles
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Vendredi 13 juillet 2007

" Alerte ! Alerte ! Le chef de la cinquième infanterie a eu un accident ! "

C’est horrible ! Que lui est-il arrivé ? "

Il s’est prit dans une toile d’araignée ! "

Misère ! Qu’en est-il de l’opération barbe à papa ? "

C’est un fiasco. Peu d’avancées dans le territoire de la Foire du Trône, et nous déplorons beaucoup de pertes moucheronnes, qui, enlisées dans les méandres du labyrinthe rose, ont succombé à l’appel du sucre ! "

Quelle horreur ! Que faire ? Il doit y avoir un moyen. Je suis sûr que nous pouvons conquérir la Foire du Trône… "

Le chef des armées moucheronnes nota tout de même dans son carnet de bord : Opération barbe à papa, fiasco. Attention, les barbes à papa sont des pièges très sophistiqués. Ne pas sous estimer l’ennemi ! Il préparait la stratégie d’un nouveau plan d’attaque appelé " opération pomme d’amour ", quand soudain, des cris terrifiés retentirent dans la base moucheronne : " Repli ! Repli ! Attaque de coccinelles ! "

En effet, les monstres à poids noirs s’avançaient dans le nid de feuilles, avalant tout sur leur passage. Un carnage ! Il fallait bien le dire : La chance n’était pas de leur coté. Pour éviter la catastrophe, le chef des armées décida que ça n’était pas le bon jour pour s’attaquer aux pommes d’amour. Par contre, l’opération " pic nique " était tout à fait réalisable. Après tout, c’était bien leur territoire que l’on envahissait. Restait, en ce jour funeste, à galvaniser les troupes.

" A vos marques… Prêts… Volez ! "

Pas de chance : C’était justement le jour qu’avaient choisi les mouches vertes pour faire leur grande course annuelle du noisetier à l’épicéa dont la récompense n’était à manquer pour rien au monde : Un délicieux tas de fumier encore chaud attendait le grand vainqueur de la course. Un lot de prestige ! Autant dire que la concurrence était rude. Certaines mouches venaient de très loin pour prétendre au titre honorifique et s’assurer un retour triomphant parmi leurs congénères. Il y avait une foule incroyable, là haut, un véritable bouchon aérien, impossible de passer. Et ça n’était pas demain qu’on allait convaincre les mouches vertes d’interrompre une course de cette importance : Depuis la Grande Bataille des Saules Pleureurs, les deux peuples étaient en froid. D’ailleurs, le chef des armées moucheronnes ne décolérait pas de ne pas avoir réussit à faire avancer ses troupes dans les terres fertiles. La prochaine fois, il faudrait redoubler de ruse. Le chef de la communication essayait de trouver un moyen de préparer les troupes à la prochaine grande épopée. Il commençait à y avoir des grognements, parmi les veuves éplorées. Peut être faudrait-il leur expliquer, par exemple, que les mouches vertes avaient inventé un nouveau venin foudroyant dans leurs récentes mutations, et que ledit venin pourrait anéantir le jardin… Ou qu’elles étaient les machiavéliques instigatrices des attentats suicides des abeilles contre les êtres humains, qui se faisaient exploser le dard dans les peaux calleuses pour la reine. Il y avait forcément une conspiration politique derrière tout ça. Les experts pourraient prouver facilement que c’était pour remonter jusqu’aux moucherons, évidemment. Les manipulation insidieuses des mouches vertes étaient même parvenu à convaincre les humain de fabriquer des pièges redoutables nommés Barbe à papa, et beaucoup de braves soldats étaient morts en se battant contre la coalition inter espèce. Oui, ils étaient tous contre eux, contre eux qui se battaient pour l’Honneur et la Justice, contre eux, les représentants de la civilisation, c’était un véritable complot ! Le chef des armées moucheronnes était inspiré. Cela ferait, certes, un beau discours, mais quand ces horribles mouches vertes cesseraient-elles de bloquer le passage en bourdonnant comme des aspirateurs déchaînés ? Insupportable ! Assourdissant ! Il n’y avait que des mouches vertes pour faire pareil vacarme ! Il fallait voler à raz le sol. Tout en bas, deux fourmis étaient en pleine discussion politique :

" Bon, tu me laissera porter ce morceau de sucre, oui, ou non ? "

Ah, non ! Tu m’avais dit que tu porterais la miette de pain ! "

Radine ! "

Feignasse ! "

Et soudain, toutes antennes levées : Mais pourquoi les moucherons volaient-ils aussi bas ?

A présent, il fallait atteindre le platane. Ouf ! Enfin un lieu calme et sûr ! On réinstalla le village moucheron sur le platane, et le chef des armées pu achever de préparer son discours. Le débat s’annonçait houleux et polémique : Une défaite et une attaque de coccinelles, ça faisait beaucoup, tout de même, il y avait de quoi décourager les troupes… Il y avait de grogne parmi les veuves éplorées. Le chef des armées avait vraiment un problème. Il y avait, certes, eu quelques victoires, mais ces guerres à répétition ne faisaient pas bouillir la marmite, et qui plus est, cela leur jouait des tours : Après le temps des victoires, venait le temps des défaites à répétitions.

" Boucher ! Assassin ! Meurtrier ! "

… De notre belle nation moucheronne… "

Qui nous rendra nos fils et nos maris ? "

… Une conspiration… "

Qui rétablira notre économie ? "

… Malgré les pertes déplorées… "

Ces- sez le carnage ! Il faut faire le grand ménage ! Ces- sez le carnage ! Il faut faire le grand ménage ! "

Déjà, une manifestation pacifique se mettait en place autour du platane : Les veuves éplorées faisaient la grève de la faim, les moucherons mâles qui restaient se juraient de ne plus manger que des feuilles cultivées bio, et on chantait contre les méfaits du sucre qui créait des comportements agressifs et avait rendu le chef des armées complètement fou. Le chef de la communication se sortit de l’embouteillage de mouches vertes juste à temps pour dire :

" Mais non ! C’est la faute des mouches vertes ! Elles veulent détruire le peuple moucheron en nous mettant les uns contre les autres ! "

En avant pour l’épicéa ! " Hurla la foule.

 

par alguboogi publié dans : nouvelles
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  • : musique art poésie danse société
  • : Je suis une jeune étudiante dynamique qui écrit des nouvelles et des poemes, fait de la danse africaine, chante et apprécie l'ouverture culturelle. J'aime me coucher tot, la compagnie de ma famille et de mes amis, la nature. J ai un faible pour les personnes engagées mais suis contre tout type de fanatisme. J aime approfondir ma spiritualité, et vivre pleinement ma vie dans la simplicité. Je suis petite, ronde, et pétillante.
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